Le CEREFIGE a le plaisir de vous annoncer que Alizée ROUX soutiendra sa thèse de Doctorat, préparée sous la direction des Pr Mathieu KACHA et Pr Sandrine HEITZ-SPAHN, jeudi 12 novembre 2026 à 14h00 en Salle des séminaires, Maison de la Recherche, 23-25 rue Baron Louis, Nancy (54000).
« La prise en compte de l’impact environnemental d’un site Internet sur les réponses des internautes »
Le jury sera composé de Pr Béatrice SIADOU-MARTIN (Université de Montpellier), Pr Jean-Luc HERRMANN (Université de Lorraine), Catherine AUSSILHOU (Université Côte d’Azur), Pr John B. FORD (Old Dominion University), Pr Jean-François LEMOINE (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Pr Sandrine HEITZ-SPAHN (Université de Lorraine) et Pr Mathieu KACHA (Université de Lorraine).
Résumé :
Avec la prise en compte des impacts environnementaux croissants du numérique (ADEME & ARCEP, 2022), différentes pratiques ont vu le jour pour réduire ces impacts, telles que la réduction du renouvellement des terminaux utilisateurs (ordinateur, smartphone), l’utilisation de centres de stockage qui visent à limiter leur consommation de ressources (énergie et eau), ou encore le fait de rendre les sites Internet plus respectueux de l’environnement. Bien que les pratiques consistant à rendre un site plus respectueux de l’environnement existent depuis plus de 20 ans, nombreux sont ceux qui pensent que les outils digitaux n’ont pas d’impact sur l’environnement en raison de leur caractère intangible et dématérialisé (Elgaaied-Gambier et al., 2020). Pour rendre un site Internet plus respectueux de l’environnement, il est possible de modifier certaines caractéristiques intrinsèques au site Internet (médias, couleurs, interactivité, typographie) pour limiter sa consommation de ressources (Bordage, 2022 ; Faubry & Baton, 2025 ; Greenwood & He, 2021 ; Mission interministérielle numérique écoresponsable, 2022). Alors que les pouvoirs publics et certains praticiens se sont saisis du sujet, à notre connaissance, les recherches en marketing ont très peu exploré les effets de rendre un site Internet plus respectueux de l’environnement sur les réponses des internautes. Ce sont ces effets que ce travail doctoral souhaite étudier, tout d’abord grâce à une méthodologie qualitative composée d’entretiens semi-directifs avec différents acteurs de l’écosystème des sites Internet plus respectueux de l’environnement. Ces entretiens mettent en avant plusieurs résultats. Dans un premier temps, ils soulignent la possibilité de réduire certains éléments visuels (photos, vidéos, couleurs, typographie, etc.) qui participent à l’esthétisme du site Internet dans le but de le rendre plus respectueux de l’environnement, ainsi que des effets potentiellement négatifs sur les réponses des internautes (site Internet moins beau, moins interactif). Dans un deuxième temps, ils mettent en évidence l’importance pour les internautes de percevoir le caractère plus respectueux de l’environnement d’un site Internet mais aussi la nécessité de communiquer pour mettre en avant cette démarche. Ces différents éléments ont permis de proposer un modèle conceptuel s’appuyant sur le paradigme S-O-R, Stimulus, Organisme, Réponse (Mehrabian & Russell, 1974) déjà mobilisé dans la littérature sur l’efficacité des sites Internet. Ce modèle est testé au travers de deux expérimentations manipulant le caractère plus ou moins respectueux de la page d’accueil d’un site Internet (mode clair vs sombre, présence vs absence des photos et vidéos) afin de comparer les réponses d’internautes exposés à une page d’accueil d’un site Internet respectueuse de l’environnement à celle relativement moins respectueuse de l’environnement. Les résultats montrent qu’une page d’accueil d’un site Internet plus respectueux de l’environnement est perçue comme moins esthétique, ce qui entraîne des effets négatifs sur les attitudes (à l’égard de la page d’accueil et de la marque) et intentions comportementales des internautes (intention d’en savoir plus sur l’entreprise et intention de consulter le site Internet). Nos résultats indiquent également qu’informer l’internaute sur l’impact environnemental du site Internet lui permet de mieux percevoir le caractère respectueux de l’environnement d’un site Internet et d’améliorer son attitude envers la marque.
Abstract :
Given growing awareness of the environmental impacts of digital technology (ADEME & ARCEP, 2022), various practices have emerged to reduce these impacts, such as slowing the renewal of user devices (computers, smartphones), using data storage centres that aim to limit their consumption of resources (energy and water), or making websites more environmentally friendly. Although practices for making a website more environmentally friendly have existed for over 20 years, many people still believe that digital tools have no environmental impact, owing to their intangible and dematerialised nature (Elgaaied-Gambier et al., 2020). To make a website more environmentally friendly, it is possible to modify certain intrinsic characteristics (media, colours, interactivity, typography) in order to limit its resource consumption (Bordage, 2022; Faubry & Baton, 2025; Greenwood & He, 2021; Mission interministérielle numérique écoresponsable, 2022). While public authorities and some practitioners have taken up the issue, to our knowledge, marketing research has given very little attention to the effects of making a website more environmentally friendly on internet users’ responses. It is these effects that this doctoral work seeks to study, firstly through a qualitative methodology comprising semi structured interviews with various stakeholders in the ecosystem of environmentally friendly websites. These interviews bring several findings to light. First, they highlight the possibility of reducing certain visual elements (photos, videos, colours, typography, etc.) that contribute to a website’s aesthetics, with the aim of making it more environmentally friendly, along with potentially negative effects on internet users’ responses (a less attractive, less interactive website). Second, they point to the importance, for internet users, of perceiving the eco friendliness of a website, as well as the need to communicate about this approach. These elements led us to propose a conceptual model based on the SOR paradigm, Stimulus, Organism, Response (Mehrabian & Russell, 1974), already used in the literature on website effectiveness. This model is tested through two experiments manipulating how environmentally friendly a website’s homepage appears (light mode vs dark mode, presence vs absence of photos and videos) in order to compare the responses of internet users exposed to a more environmentally friendly homepage with those exposed to a relatively less environmentally friendly one. The results show that a more environmentally friendly website homepage is perceived as less aesthetically pleasing, which leads to negative effects on internet users’ attitudes (towards the homepage and the brand) and behavioural intentions (intention to learn more about the company and intention to visit the website). Our results also indicate that informing internet users about a website’s environmental impact allows them to better perceive its environmentally friendly nature and improves their attitude towards the brand.